La Nouvelle-Aquitaine a bien hérité de 132 millions d’euros de factures impayées par le Poitou-Charentes. Alors entre le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, et l’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal, rien ne va plus.

L’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes et l’actuel patron de la grande région Nouvelle-Aquitaine s’échangent depuis plusieurs semaines des amabilités sur fond de règlement de comptes… financiers. Dernier épisode : la menace, par la ministre de l’Écologie, de déposer plainte contre son rival d’Aquitaine s’il persiste à évoquer les « dérives financières » du Poitou-Charentes. Au printemps, un audit commandé par Alain Rousset avait en effet révélé de nombreuses incongruités financières sous le mandat de Ségolène Royal (prêts hautement toxiques, soutien à plusieurs sociétés qui ont mis la clé sous la porte, factures impayées…).

Il y a quelques mois, le président PS de la région Nouvelle-Aquitaine a commandé à EY (ex-Ernst and Young) un nouvel audit, ciblé sur ces fameuses factures. Ce rapport confirme le système dévoilé au printemps, et précise les montants en jeu : selon EY, la Nouvelle-Aquitaine, qui regroupe depuis le 31 décembre 2015 l’Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes, a hérité dans ses comptes de 131,9 millions d’euros de factures impayées en provenance du Poitou-Charentes. Et à régler en 2016 !

44 millions de dépenses reportées en 2016

L’audit explique pourquoi. D’abord, certains postes ont été sous-budgétisés. La direction chargée de la formation professionnelle continue et de l’apprentissage aurait ainsi utilisé 50 % de son budget voté pour l’année 2015 dès le mois de mars. La note est salée : les dépenses qui n’ont pas pu être assurées ont été reportées en 2016, pour plus de 44 millions d’euros !

Ensuite, la direction responsable des transports propres, deuxième « contributrice » des factures décalées, a quant à elle cumulé pour près de 30 millions d’euros d’impayés… Selon EY, une dépense de 10 millions a, par exemple, été reportée en janvier 2016, donc dans les comptes de la grande région Nouvelle Aquitaine, pour régler deux échéances de novembre et décembre 2015 à la SNCF (acquisition de TER).