Kader Arif est contraint de jeter l’éponge pour des raisons judiciaires. Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants a remis sa démission à François Hollande et Manuel Valls le vendredi 21 novembre 2014 alors que la justice enquête sur des marchés publics attribués à ses proches.

Dans un communiqué publié sur le site du ministère de la Défense, Kader Arif dit avoir démissionné "par respect pour la fonction ministérielle".

"Ce vendredi 21 novembre 2014, j’ai remis au Premier ministre ma démission du Gouvernement. Mon nom est cité dans le cadre d’une enquête préliminaire menée par le Parquet national financier. Par respect pour la fonction ministérielle, par respect pour la politique mémorielle que j’ai conduite et pour le monde combattant que j’ai servi avec fierté et conviction, je fais le choix, en responsabilité, de quitter le poste que j’ai eu l’honneur d’occuper pendant deux ans et demi.
Cette décision est aussi l’expression de ma loyauté totale au Président de la République et au Premier ministre.
Je reste au service de nos concitoyens, comme je l’ai toujours été tout au long de mes années d’engagement politique."

Kader Arif faisait parti du premier cercle de François Hollande

Membre du premier cercle de François Hollande et député de la Haute-Garonne, Kader Arif a occupé le poste de secrétaire d’Etat aux Anciens combattants sans discontinuer depuis mai 2012. Il est le troisième ministre socialiste du quinquennat à devoir démissionne (au nom du principe d’exemplarité). Avant lui, Jérôme Cahuzac et Thomas Thévenoud avaient dû renoncer à leur portefeuille, l’un en raison d’une enquête sur un compte en Suisse, l’autre à cause de ses démêlés avec le fisc.

Une affaire de favoritisme

Une perquisition a été menée dans un service du ministère de la Défense dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des marchés publics attribués à des proches du secrétaire d’Etat Kader Arif, a indiqué jeudi une source judiciaire.

Confirmant une information de Médiapart, cette source a précisé à l’AFP que la police judiciaire avait perquisitionné le 6 novembre la sous-direction des achats du ministère. Secrétaire d’Etat aux anciens combattants, Kader Arif était placé sous l’autorité du ministre de la Défense.

Ouverte à Toulouse en septembre, l’enquête a pour but de vérifier si deux sociétés successives d’organisation de spectacles, dirigées notamment par son frère puis par ses neveux, ont pu bénéficier de favoritisme pour remporter deux marchés pluriannuels d’un montant de plusieurs millions d’euros avec la Région. L’enquête s’attache à déterminer si les procédures d’appels d’offre ont notamment été respectées.