"Pas simple de trouver un jeune qui sache lire et écrire correctement", répond le cabinet du ministre pour justifier l’emploi de son fils à l’Assemblée. Les bretons apprécieront de se faire traiter de crétins. Cet argument, au delà de son aspect minable, est une contre-vérité puisque la Bretagne est la première région étudiante de France.

Ministre de la cohésion des territoires et candidat En Marche dans le Finistère, a avec sa compagne tiré profit d’une juteuse opération immobilière, selon Le Canard enchaîné. En 2011, Richard Ferrand est directeur général des Mutuelles de Bretagne, un organisme à but non lucratif. L’association se met en quête d’un nouveau local à Brest pour abriter un centre de soins. À la suite d’un appel d’offres, un bail est conclu avec une société civile immobilière (SCI) dont la gérante est Sandrine Doucen, qui est la conjointe de Richard Ferrand. Un loyer annuel de 42 000 euros doit être versé par les Mutuelles de Bretagne.

Conflit d’intérêts depuis 2012

Mieux, la SCI, en cours de formation lors de la négociation de ce bail, n’était pas encore propriétaire des lieux et n’avait donc pas encore d’existence légale pour conclure un tel contrat. Un enregistrement est alors effectué par Mme Doucen et un ami est sollicité pour l’occasion (il faut être au minimum deux pour créer une SCI) une fois conclu l’accord financier avec les Mutuelles de Bretagne. La répartition du capital de 100 euros est également peu équitable puisque l’ami en question ne place qu’un seul petit euro, tandis que Sandrine Doucen investit les 99 autres. Ce n’est qu’après toutes ces manœuvres que la SCI se porte vraiment acquéreur des locaux qu’elle loue ensuite aux Mutuelles.

Ces dernières vont aussi généreusement financer des travaux de rénovation de ce local à hauteur de 184 000 euros. Autre révélation, le député Richard Ferrand se situait en plein conflit d’intérêts à l’automne 2012 lorsque, avec d’autres parlementaires, il déposa une proposition de loi permettant aux mutualistes de fournir des cotisations moindres à ses adhérents. Problème, il dirigeait aussi les Mutuelles de Bretagne à cette époque... D’ailleurs, il a participé à tous les travaux en rapport avec le mutualisme. Dans cette affaire, le procureur de la République de Brest a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Une perquisition a été menée au siège des Mutuelles de Bretagne à Brest, rapporte Le Télégramme. D’après le journal, elle a duré quatre heures et les enquêteurs ont pu saisir de nombreux documents, actuellement en cours d’exploitation.

De nouvelles informations révélées par BFMTV jeudi 8 juin démontrent que de l’argent public a servi à l’installation des Mutuelles de Bretagne dans un bâtiment loué à la compagne de Richard Ferrand. Les Mutuelles de Bretagne ont bénéficié de 55 000€ d’argent public.