Aquilino Morelle, ancien conseiller de François Hollande, affirme que le Président de la République aurait conservé "ce dossier" sous le coude pendant toute une année, afin de l’utiliser contre Morelle en temps voulu. "Lui et les gens qui étaient informés de cette faute l’ont conservée par-devers eux pendant un an", a-t-il accusé sur France Inter ce lundi 9 janvier 2017.

Le calendrier coïncide. L’épisode du cirage de chaussures date de mars 2013. Cette histoire ne sera pourtant révélée par Mediapart qu’en avril 2014. Dans ses révélations, le média en ligne précisait tenir l’information "de bonne source à l’Elysée". Quelques jours plus tard, Aquilino Morelle était renvoyé du cabinet du Président. Dans une interview au Monde, publiée ce samedi 7 janvier, l’ex-conseiller assure encore que François Hollande a organisé son "éviction" avec méthode :

"Ce que je regrette surtout, c’est que le Président, que j’ai toujours servi loyalement, se soit abaissé à utiliser cette faute pour se débarrasser de moi. Que pendant un an, alors qu’il avait été mis au courant de ce faux pas, il ne m’ait jamais parlé, jamais tancé. Que pendant un an, il m’ait menti, trahi méthodiquement, me souriant dans le même temps où il organisait mon éviction."

Dans le livre de confidences Un président ne devrait pas dire ça, François Hollande nie avoir été averti de l’affaire des souliers cirés avant que celle-ci éclate :

"Je n’étais pas au courant. Je savais qu’il avait de petits problèmes... Une de ses secrétaires m’avait dit qu’il y avait eu quelques... disons, une gestion, comme ça, de ses affaires personnelles... Bon, ça peut arriver."

Si l’on se réfère aux propos tenus dans cet ouvrage, affirmer que le chef de l’Etat a conservé ce dossier sur Aquilino Morelle avec l’idée de l’utiliser contre son collaborateur au moment propice revient à l’accuser d’une sacrée duplicité...

Une cabale suivi d’une liquidation par la Tcheka hollandienne

Aquilino Morelle, lui, est convaincu d’avoir été l’objet d’une cabale, due tout à la fois à son amitié avec Montebourg et Valls, à son positionnement clairement à gauche et aux jalousies qu’il aurait suscitées en interne. Dans une interview accordée au Point en 2014, le conseiller déchu évoquait déjà sa "liquidation par la Tcheka hollandienne", composée selon lui de "François Hollande et ceux qui l’entourent : Jean-Pierre Jouyet et tous les ministres hollandais". Le tout en comparant son cas... au génocide des Tutsis au Rwanda.