Thomas Fabius a été mis en examen le 29 janvier 2016 pour faux et usage de faux, à la suite d’une procédure judiciaire lancée en 2011. Le fils du ministre des Affaires étrangères est aussi sous le coup d’un mandat d’arrêt aux Etats-Unis.

Il sera bien entendu par les juges. Quelques semaines après avoir passé 12 heures en garde à vue à Nanterre, devant les policiers de l’Office central de répression de la grande délinquance financière, l’homme d’affaires de 34 ans a été mis en examen vendredi pour faux et usage de faux, dans le cadre d’une enquête pour faux, escroquerie et blanchiment. Pendant ces cinq ans, son amour du jeu a valu au fils de l’ancien Premier ministre Laurent Fabius de nombreux ennuis avec la justice, en France comme aux Etats-Unis.

Un détournement de 90 000 euros

En 2009, l’homme d’affaires s’engage dans un projet de carte de paiement à puce pour l’Afrique, et part à la recherche d’associés. Un entrepreneur se laisse convaincre et investit 195 000 euros. Ne voyant pas revenir sa mise, il décide alors de porter plainte contre Thomas Fabius pour escroquerie et abus de confiance. Début 2010, Thomas Fabius est placé en garde à vue par la Brigade de répression de la délinquance astucieuse.

Il reconnaît en juin 2011 avoir "détourné des fonds à hauteur de 90 000 euros" lors d’une procédure de plaider-coupable qui lui évite l’inscription au casier judiciaire. En plus du remboursement des 90 000 euros, il est condamné à 15 000 euros d’amende.

Un faux mail pour jouer au Casino ?

Autre affaire, en décembre 2011, la Société générale dépose une plainte contre le fils de l’actuel ministre des Affaires étrangères. La banque lui reproche d’avoir rédigé un faux mail alors qu’il se trouvait dans un casino au Maroc. Le document, qui provenait prétendument de son conseiller bancaire, expliquait au casino que Thomas Fabius allait bientôt recevoir de 200 000 euros sur son compte. Cette plainte a conduit le parquet de Paris à ouvrir une information judiciaire en mai 2013. C’est dans le cadre de cette affaire qu’il est mis en examen le 29 janvier 2016.

Un luxueux appartement boulevard Saint-Germain

En 2013 également, les autorités s’étaient intéressées à l’acquisition l’année précédente d’un appartement de 300 m2 sur le très chic boulevard Saint-Germain à Paris, pour sept millions d’euros. La transaction avait fait l’objet d’un signalement à la cellule anti-blanchiment de Bercy, Tracfin. Thomas Fabius assure que cet achat avait été financé par des gains de jeux. Dans ce volet de l’enquête, les magistrats financiers l’ont simplement placé sous le statut de témoin assisté.

Des chèques en bois aux Etats-Unis ?

Sa passion du jeu lui vaut également des soucis avec la justice outre-Atlantique. Comme l’avait révélé Le Point, en octobre 2015, un procureur du Nevada délivre un mandat d’arrêt contre lui, qui ne fait cependant pas autorité en dehors du territoire américain. Thomas Fabius est accusé d’avoir rédigé des chèques en bois d’un montant total de plus de 3,5 millions de dollars, soit 3,2 millions d’euros, dans plusieurs casinos de Las Vegas, à la mi-2012.

Pour acheter des jetons et des plaques de casino, Thomas Fabius a utilisé un chéquier d’une banque italienne, avec lequel il a libellé trois chèques à l’ordre de l’hôtel de luxe-casino The Palazzo, dont un d’un million de dollars, d’après le procureur américain. Selon une source proche du dossier, Thomas Fabius dément avoir signé des chèques et affirme qu’il s’agissait de "reconnaissances de dettes rédigées sur papier libre qui ont valeur de bon à payer".

On respire tranquillement. En toute exemplarité. Tout va bien.