Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a discrètement donné son accord au rachat de SFR par Numericable que son prédécesseur Arnaud Montebourg avait tant critiqué.

En mars, Arnaud Montebourg s’était vivement opposé au rachat de SFR par Numericable, prenant bruyamment parti pour l’offre rivale de Bouygues.

Son successeur Emmanuel Macron a, pour sa part, béni ce même rachat. Le 28 octobre, le ministre de l’Economie a discrètement donné son feu vert à l’opération.

Paradis fiscal

Si Numericable est une société immatriculée en France, son actionnariat n’est pas français. En effet, le câblo-opérateur est détenu à 75% par la société luxembourgeoise Altice. Elle-même est détenue à 57% par Next LP, une société immatriculée à Guernesey et contrôlée par Patrick Drahi.

Un actionnariat qu’avait épinglé Arnaud Montebourg : "Numéricable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse !", avait déclaré le ministre du Redressement productif le 14 mars sur Europe 1.

Rodomontades sans suites

Selon Arnaud Montebourg, un rachat par Numericable posait "un certain nombre de problèmes : surendettement, absence de concurrence dans le câble, problèmes fiscaux."

A l’époque, Arnaud Montebourg avait multiplié oukazes et prédictions, qui n’ont toutefois eu aucune suite. Il avait notamment demandé à Patrick Drahi de redevenir résident fiscal français, ce que l’intéressé n’a pas fait. Il avait aussi prédit des rebondissements, assurant qu’"un certain nombre de recours vont s’exercer de la part de concurrents". Mais jusqu’à aujourd’hui, aucun recours n’a été engagé...