Le candidat du Front de gauche peut dire merci au système de défraiement des parlementaires.

150.000 euros de fonds (à peu près) propres

Le mandataire financier de Jean-Luc Mélenchon, Marie-Pierre Oprandi, semblait très fier d’annoncer que "Sur les quelque 3 millions d’euros budgétés au niveau national, le candidat a apporté 150.000 euros de fonds propres", le reste provenant de prêts bancaires.

150.000 euros ? C’est l’addition du petit héritage reçu de son père ainsi que de la vente de sa permanence parlementaire. Vous avez bien lu : pour le Front de Gauche, se servir de l’argent du contribuable pour financer une permanence puis la revendre et récupérer les sous sous dans la po-poche, ça n’a rien de choquant.

Passons. Mais il y a de quoi relativiser le caractère personnel de ses deniers ! Le candidat du Front de Gauche, sénateur de l’Essonne vingt années durant, a en effet usé d’une pratique souvent dénoncée mais tolérée.

En temps que sénateur, Jean-Luc Mélenchon perçoit une indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) de 6.037,23 euros net en plus de son indemnité parlementaire mensuelle de 5.388,72 euros net. L’IRFM permet à l’élu de couvrir les dépenses liées à ses fonctions, et en premier lieu le loyer de sa permanence.

Louer ou acheter une permanence ? Pour certains parlementaires, le choix est vite fait !

Certains parlementaires préfèrent acheter au lieu de louer.

"Le bien leur est évidemment acquis et le restera une fois leur mandat terminé", relève Vincent Quivy dans son livre "Chers élus" (Seuil).

Mélenchon, lui, l’a depuis vendu et s’est servi du fruit de cette vente pour financer sa campagne.

Une somme dont l’intéressé sera remboursé s’il dépasse la barre des 5% au premier tour.