Mohamed Belaïd accuse l’ancien premier secrétaire du PS et Faouzi Lamdaoui de travail dissimulé. Premier sursis à statuer pour François Hollande, une mesure qui met à l’abri de toute procédure judiciaire les présidents de la République pendant l’exercice de leur mandat. François Hollande innove avec un sursis de nature prud’homale. Il est question de travail dissimulé d’un ancien chauffeur, Mohamed Belaïd, recruté aux bons soins de Faouzi Lamdaoui.

Mohamed Belaïd a été le chauffeur de François Hollande. Assez longtemps, pour que lorsqu’il décide d’intenter une action en justice, elle est suivie d’effet. Mais la cours d’appel en octobre 2014, va mettre un terme définitif à sa plainte pénale.

« Les tâches accomplies par Mohamed Belaïd pour le compte de Faouzi Lamdaoui et François Hollande sont largement susceptibles d’être expliquées par l’engagement bénévole d’un militant demeurant libre de mettre son temps au service d’autrui. »

Le chauffeur de François Hollande dès novembre 2008

Lorsque François Hollande quitte la direction du PS et le véhicule de fonction qui va avec, Mohamed Belaïd va le conduire dans ses déplacements divers. Surtout à Paris, parfois ailleurs... Ces faits sont attestés.

Militant... avec promesse d’embauche dans une collectivité locale tenue par le PS.

Lamdaoui a concédé devant la police : « Je lui avais promis de l’aider si notre liste remportait les élections, évidemment », a concédé Lamdaoui devant la police. Soit au sein de la mairie d’Argenteuil (où il était candidat PS), soit au conseil général du Val-d’Oise.

François Hollande débouté de sa demande de dommages et intérêts (10 000 euros)

En janvier 2011, la sentence tombe pour Belaïd en première instance : « procédure manifestement abusive », doublée d’une « campagne de dénigrement et de harcèlement », estiment les juges - s’éloignant un poil du code du travail -. Pour l’anecdote, François Hollande est débouté de sa demande de dommages et intérêts (10 000 euros) pour non-respect du contradictoire. La cour d’appel va alors hériter du dossier, en octobre 2013. Mais à cette époque, François Hollande est Président de la République. Alors la cour d’appel ne peut que « surseoir à statuer jusqu’à l’expiration du mandat du président de la République », sursis englobant également Faouzi Lamdaoui.

Depuis, Mohamed Belaïd manifeste régulièrement entre l’Elysée, l’Assemblée nationale et le siège du Parti socialiste, sous une banderole mettant en cause ses réputés ex-employeurs. Il raconte qu’un jour, François Hollande est venu à sa rencontre pour lui lancer amicalement : « Je croyais que vous étiez bénévole ! »

Dérangeant pour le pouvoir, il pourrait aussi devenir intellectuellement dérangé...

Mohamed Belaïd a également été brièvement interné en hôpital psychiatrique pour « trouble à l’ordre public ». On l’écoute quand il raconte que Faouzi Lamdaoui réglait en espèces les menues dépenses de François Hollande, ses déjeuners avec Stéphane Le Foll, la logistique de leur club, Répondre à gauche. Par ailleurs, il a loué des salles pour la campagne 2012 de Hollande. Mais face à ces "paroles en l’air", il semble qu’il ne trouve pas la même attention que d’autres : « S’il fallait poursuivre tous les candidats à la présidentielle qui se font inviter au restaurant, beaucoup seraient inquiets, ironise l’avocat de Lamdaoui, Me Amir-Aslani. Et si le financement de Hollande passait par Lamdaoui, il y aurait de quoi être inquiet… ». Ca c’est dit.