Ce moment où l’on apprend que François Hollande tente de conseiller Emmanuel Macron par SMS". Source : Le lab, Europe 1.

SI J’ÉTAIS TOI - Officiellement, François Hollande ne soutient aucun candidat à l’élection présidentielle. Ni le frondeur Benoît Hamon, devenu représentant du Parti socialiste, ni Emmanuel Macron (son ancien protégé l’ayant trahi), n’ont reçu la bénédiction du chef de l’État. Mais il y a peu de doutes quant à sa proximité humaine et idéologique avec le leader d’En Marche !.

Et s’il ne fera peut-être pas de geste vraiment significatif en faveur de l’un ou de l’autre d’ici au premier tour (quoique...), le 23 avril, le chef de l’État n’est pas totalement immobile en privé. Lui et son ancien ministre de l’Économie ne se sont (brièvement) croisés qu’une fois depuis la démission de ce dernier, mais "ils échangent toujours des SMS", apprend-on dans un long article du Monde, vendredi 31 mars. Des conversations au cours desquelles François Hollande ne se prive visiblement pas de donner son avis sur la campagne d’Emmanuel Macron. Le Monde écrit :

Le président, qui dissèque la stratégie de son ancien protégé, lui conseille notamment de ’rester de gauche’.
On ne connaît pas la réponse de l’intéressé, mais on peut constater que tout en se défendant d’être "l’héritier" ou "dans la continuité" du Président, comme le lui reproche la droite, il prend toujours soin de ne surtout pas dire trop de mal de lui.

Faut-il déduire de tout cela que François Hollande le soutient en sous-main ? "Il regarde ce qu’il y a autour comme offre, le chemin que je trace n’est pas celui qui le rend le plus triste", euphémise Emmanuel Macron, interrogé par le quotidien du soir. Qui cite également cette confidence édifiante du chef de l’État faite à des proches récemment :

Je ne veux pas prendre une position qui pourrait lui être défavorable. Déjà que Fillon dit qu’il est mon ’porte-serviettes’.

Il ne voudrait donc pas clairement appeler à voter pour lui... car le rejet et les critiques qu’il suscite pourraient alors nuire au candidat. Mais François Hollande semble en tout cas s’accommoder par avance de l’hypothèse selon laquelle Emmanuel Macron lui succéderait à l’Élysée, disant au Monde :

Je ne vais pas m’accrocher aux rideaux, me cacher dans un coin, dire à Emmanuel : ’Retourne dans ton bureau, je garde le mien !’

Dans le même article du Monde, est rapportée cette confidence faite par François Hollande à Gaspard Gantzer, le chef de la communication de l’Élysée, à propos de Macron :

"Emmanuel, c’est le fils qu’on voudrait avoir."