Pour son premier déplacement, mi-novembre 2016, Emmanuel Macron a choisi de se rendre dans les Bouches-du-Rhône. Et comme il veut être le candidat hors système, il choisit... de rendre visite à un candidat exemplaire.

Aurélie Filippetti, députée PS et soutien d’Arnaud Montebourg, a critiqué ce déplacement du responsable de "En Marche !". Et la critique est aisée : Emmanuel Macron s’est reposé sur Guérini et son entourage pour ce déplacement ! Pour mémoire, le sénateur ex-PS, qui a perdu son immunité parlementaire, a été mis en examen, notamment pour trafic d’influence et association de malfaiteurs, dans plusieurs dossiers de marchés publics présumés frauduleux. Rien que cela.

Aurélie Filippetti, se livre :

Le renouvellement est En Marche : dans les Bouches du Rhône, Emmanuel Macron est entouré et soutenu par tous les guérinistes (…) Le déplacement est quasiment intégralement organisé par les réseaux guérinistes du département.

De fait, Emmanuel Macron a tenu jeudi soir un meeting aux Pennes-Mirabeau, commune proche de Marseille où le sénateur et maire Michel Amiel a été numéro trois sur la liste de Jean-Noël Guérini aux sénatoriales en septembre 2014.

Ce vendredi matin, au Rousset, Emmanuel Macron a rencontré des élus locaux avec Jean-Louis Canal, le maire de la commune, candidat aux départementales de 2015 sous la bannière de "La Force du 13", le parti de Jean-Noël Guérini.

D‘autres proches du sénateur des Bouches-du-Rhône, comme le député et maire de Velaux, Jean-Pierre Maggi, ont eux aussi participé au déplacement. Ce dernier a été mis en examen en début d’année dans une affaire liée à sa gestion du service départemental d’incendie et de secours.

La présence d’élus guérinistes a aussi été critiquée par la droite. Le député européen Les Républicains Renaud Muselier s’est ainsi fendu d’un article sur son blog, déplorant un déplacement "ni audacieux ni intelligent". "Emmanuel Macron a-t-il la moindre idée des pratiques politiques de l’ancien président du Conseil général ? Est-ce que cela veut dire qu’il les cautionne ?" s’est-il interrogé.

A Marseille, on prend ce qu’on trouve !

"A Marseille, on prend ce qu’on trouve. On a cherché à rencontrer le moins de mis en examen possible, et là-bas, ça n’est pas simple. Alors quand on rentre dans un bordel, il est difficile de faire le puceau", répond l’entourage de Macron.

Curieux. Emmanuel Macron plaide donc régulièrement pour "un changement des pratiques", et lorsqu’il lance sa campagne, il se rend chez des barons locaux longtemps élus PS qui connaissent des démêlés judiciaires. Youpi, ça va changer.