Sylvie Goulard, (LaREM) candidate française à la Commission européenne a refusé de répondre à la question posée par les eurodéputés vendredi 11 octobre 2019. "oui ou non", démissionnerez-vous de votre poste de commissaire européen en cas de mise en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs du Modem. Sylvie Goulard a jusqu’à mardi soir pour y répondre. Si les réponses sont jugées insatisfaisantes, elle pourrait subir une seconde audition.

Sylvie Goulard traîne deux cailloux dans ses chaussures de marcheuse. Le premier est une enquête menée par la justice française, concernant l’affaire des emplois fictifs des assistants des eurodéputés du parti MoDem (parti dont elle était membre jusqu’en 2017). Sur cette même affaire, un deuxième cailloux, qui, lui, dépasse les frontières est une enquête ouverte par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf). Rien que ça.

Le nouveau monde : un monde du fric, au-delà de la morale

Sylvie Goulard a aussi été plusieurs fois interrogée sur son travail de "consultante", moyennant "plus de 10.000 euros" mensuels selon sa déclaration d’intérêt pour un groupe de réflexion américain, l’institut Berggruen, d’octobre 2013 à janvier 2016, alors même qu’elle était eurodéputée.

Jean-Louis Bourlanges, député Modem et vice-président de la commission des affaires européennes à l’Assemblée nationale considère la situation de Sylvie Goulard intenable.

Quelle responsabilité pour les parlementaires européens ?

"J’ai du mal à comprendre comment des parlementaires pourront voter pour elle si elle ne fournit pas une explication satisfaisante, précise et complète sur le fait qu’elle a reçu 330.000 euros d’un magnat de la finance internationale sans que jusque à présent on ait vu la moindre contrepartie en terme de travail. Je ne lui lance pas la pierre mais je dis il y a là un blanc qui doit être comblé. On ne reçoit pas, quand on est un responsable politique, un député, on ne reçoit pas 330.000 euros de la part d’un titulaire d’un fonds vautour..."

Et d’afficher son étonnement : "moi je ne savais pas et je dois dire je suis un peu tombé de ma chaise. Non seulement je ne savais pas mais quand les chiffres sont sortis, j’ai pensé que c’était une fois une année (...) et pas du tout. Je dis que c’est inexplicable".