Sandro Gozi, ancien secrétaire d’Etat aux affaires européennes du précédent gouvernement socialiste italien, a été élu député européen. Il fut le 22e candidat sur la liste En Marche (LREM) lors des dernières élections européennes (2019).

Elu en 22e position sur la liste de La République en marche, Sandro Gozi n’a pas encore siégé comme eurodéputé, en raison des reports successifs du Brexit qui retardent le départ du contingent britannique. Mais il a été embauché au cabinet du Premier ministre français le 1er août 2019. A cette occasion, l’Italien avait réalisé ses "obligations déclaratives en tant que conseiller ministériel auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique" (HATVP), selon ses propres mots.

Sandro Gozi avait également confirmé "que son emploi de cabinet à Matignon était exclusif de toute autre activité professionnelle, a fortiori pour un autre gouvernement", dixit Matignon (mardi 22 ocotbre 2019).

Un mystérieux contrat maltais

Il aime vanter « son approche transnationale » de la politique. Celle-ci le conduit-elle jusqu’à travailler simultanément pour plusieurs gouvernements ? Sandro Gozi a été épinglé pour un contrat de consultant qu’il a signé avec Joseph Muscat, le chef du gouvernement de Malte. Et si Matignon dit vrai, Sandro Gozi a menti.

Le chargé de mission Europe au sein du cabinet du premier ministre Edouard Philippe, est donc aussi consultant pour le chef du gouvernement de Malte. Cette information a été révélée lundi 21 octobre par le quotidien maltais Times of Malta.

Le porte-parole de M. Muscat affirme que M. Gozi, décoré de l’ordre national du Mérite maltais en 2016, travaille pour son compte depuis juin 2018. Il le « conseille sur toutes les institutions et priorités européennes dans un rôle similaire à celui qu’il a eu, ou a, avec des gouvernements et organisations européennes », selon le porte-parole, qui vante sa « vaste expérience dans le domaine ».

Mercredi 23 octobre, Sandro Gozzi démissionne

Le conseiller d’Edouard Philippe Sandro Gozi a démissionné de Matignon ce mercredi 23 octobre. Il a annoncé dans un courrier transmis à l’AFP sa démission, après avoir été soupçonné d’avoir travaillé avec le gouvernement maltais tout en étant à Matignon.

Matignon a indiqué à l’AFP "prendre acte de sa décision qui lui permettra d’apporter sereinement toutes les explications nécessaires" et a dit "remercier" Sandro Gozi "pour le travail accompli depuis août". Il était chargé, auprès d’Edouard Philippe, du suivi de la mise en place des nouvelles institutions européennes et des relations avec le Parlement européen.

Lundi 21 octobre, Sandro Gozi avait pourtant tenté une défense avec différentes versions

Lundi, Le Monde et le quotidien maltais Times of Malta avaient affirmé que Sandro Gozi avait signé un contrat de conseil avec Malte en juin 2018. Le gouvernement maltais, comme Sandro Gozi, avaient dans un premier temps déclaré au Monde que ce contrat étaient encore valables, avant de changer de version.

"Le contrat maltais mentionné dans la presse régit légalement une mission de conseil effectuée en tant que consultant externe auprès des autorités maltaises", s’est-il défendu dans le courrier. Cette collaboration "a cessé à [sa] demande après le résultat des élections européennes en France" le 26 mai, poursuit-il, assurant avoir remis des preuves de ses affirmations.