Sylvie Goulard, députée européenne de 2009 à 2017 et actuellement sous-gouverneure de la Banque de France, a été mise en examen vendredi dernier pour détournement de fonds publics dans le cadre de l’enquête sur des emplois présumés fictifs des assistants d’eurodéputés du MoDem. François Bayrou est convoqué le 6 décembre.

L’ex-eurodéputée MoDem Sylvie Goulard a été mise en examen vendredi par la juge chargée de l’enquête sur les emplois présumés fictifs des assistants de députés européens.

Sylvie Goulard a été quasiment la première élue à soutenir Emmanuel Macron. En retour il l’avait nommé Ministre des Armées puis Sous Gouverneur à la Banque de France. Emmanuel Macron l’avait proposé comme Commissaire européen, en vain.

Sylvie Goulard, qui a échoué à être nommée dans la nouvelle Commission européenne alors même qu’Emmanuel Macron avait jouer de tout son poids politique pour tenter de porter la candidate Goulard devant les eurodéputés, a été mise en examen vendredi pour détournement de fonds publics à l’issue de son audition au tribunal de Paris.

François Bayrou, pilier de la majorité présidentielle et soutien de poids d’Emmanuel Macron, convoqué vendredi 6 décembre

Le 15 novembre, le directeur financier du MoDem, premier responsable du parti centriste à être entendu par les juges d’instruction chargés de l’enquête sur des emplois présumés fictifs des assistants d’eurodéputés, avait été mis en examen vendredi. Alexandre Nardella a été mis en examen pour "complicité de détournement de fonds publics" et "recel de détournement de fonds publics".
Autre figure mise en examen : l’ancien garde des Sceaux Michel Mercier.

Il était le premier à être convoqué par les juges du pôle financier du tribunal de Paris, qui enquêtent depuis juillet 2017 sur cette affaire. Au total, une quinzaine de personnes, dont des eurodéputés, des assistants parlementaires et des cadres du parti doivent être entendus dans les prochaines semaines.

Le président du MoDem François Bayrou le sera pour sa part le 6 décembre, selon des sources proches du dossier. Le maire de Pau, pilier de la majorité présidentielle, a siégé au parlement européen de 1999 à 2002.

Marielle de Sarnez, députée européenne de 1999 à 2017 et numéro deux du parti centriste, et Sylvie Goulard, députée de 2009 à 2017 et actuellement sous-gouverneure de la Banque de France, seront auditionnées "durant la première semaine de décembre", avait indiqué début novembre Le Monde.

Les magistrats cherchent à déterminer si des collaborateurs parlementaires du Modem ont été rémunérés par les fonds publics du Parlement européen alors qu’ils étaient en réalité affectés à d’autres tâches pour le parti centriste.

L’ouverture d’une enquête préliminaire du parquet de Paris, en juin 2017, avait entraîné la démission de M. Bayrou du poste de ministre de la Justice, de même que celles de Marielle de Sarnez du poste de ministre des Affaires européennes et de Sylvie Goulard du poste de ministre des Armées.

Cette affaire, ajoutée à la polémique sur des prestations réalisées pour un think tank américain, a coûté à Sylvie Goulard sa place dans la nouvelle Commission européenne, refusée en octobre par les eurodéputés. Elle avait accepté cet été de rembourser au Parlement européen 45.000 euros correspondant à huit mois de salaire d’un de ses assistants, Stéphane Thérou, pour lequel elle n’avait pas pu fournir "de preuve de travail". Le 30 août, le Parlement européen avait clos cette affaire pour son cas.

Le MoDem n’est pas la seule formation politique dans le viseur de la justice pour des emplois présumés fictifs au parlement européen. Une enquête similaire a ainsi été ouverte pour La France Insoumise (LFI) et pour le FN, dans laquelle une vingtaine de personnes, dont Marine Le Pen, ont été mises en examen.